Karim Saari, photographe de paysages, parcourt depuis vingt ans les côtes et les montagnes de la Méditerranée. Originaire de la Côte Basque, il débute avec un appareil argentique lors de ses étés en haute montagne autour de Chamonix. Un guide lui montre comment capter la lumière sur les séracs, lui inculquant l’écoute du paysage plutôt que sa domination. La contrainte de l’argentique, limité à trente‑six poses, forge sa patience et son intention, chaque déclenchement devenant une décision réfléchie. Cette approche persiste dans son travail actuel : peu de clichés, beaucoup d’observation, toujours à attendre la lumière sans la forcer.
Après avoir photographié les rouleaux de Biarritz et les villages pyrénéens, Saari s’installe à Marseille en 2001. Le contraste entre le bleu turquoise des Calanques, l’ocre du Luberon, les marais de la Camargue et les plateaux de lavande de Valensole enrichit immédiatement son univers visuel. Il poursuit ensuite des voyages au Maroc, à Chefchaouen et Marrakech, puis à Madère, où il explore falaises verticales, forêts de lauriers et levadas. Malgré ces déplacements, il rappelle que l’essentiel n’est pas d’aller au bout du monde, mais d’observer ce qui nous entoure.
Depuis une décennie, il vit au Chemin de Morgiou, à l’entrée du parc national des Calanques. Cette proximité transforme son regard : la photographie devient documentation et témoignage. En pratiquant la plongée en apnée, il découvre l’ampleur de la pollution plastique sur les fonds marins. Cette prise de conscience alimente son engagement, le poussant à sensibiliser le public aux menaces qui pèsent sur les milieux naturels. Saari utilise ainsi son art pour révéler la beauté fragile des paysages tout en dénonçant les enjeux environnementaux qui les menacent.