Les Rencontres d'Arles, qui se tiendront du 6 juillet au 4 octobre 2026, mettront l'accent cette année sur les 200 ans de la photographie. Le thème « Des Mondes à relire » donnera la part belle aux indépendances africaines et à la question du vivant.
Harry Gruyaert, 60 ans de déambulations
Une exposition monographique retrace la longue carrière du photographe flamand Harry Gruyaert. Nourrie par ses nombreux voyages aux quatre coins du monde, cette sélection intitulée A Sense of Place [Le Sens du Lieu], conçue avec Géraldine Lay, rassemble des images qui témoignent de ses déambulations urbaines au fil des décennies.
Attente, errance, scènes familiales ou solitudes anonymes : le regard précis et sensible de Gruyaert traverse le temps avec une étonnante constance. L'exposition réunit des clichés allant des années 1960 à 2025, tous marqués par une palette vibrante, signature de ce pionnier européen de la photographie couleur.
Habitué à des ensembles centrés sur des territoires spécifiques, Gruyaert propose ici, pour les Rencontres d’Arles, une traversée plus libre de son œuvre, une invitation au voyage au cœur d’une carrière aussi riche que lumineuse.
Zoom sur le Ghana des années 1960 avec Damarice Amao
Le 6 mars 1957, la Gold Coast proclame son indépendance de l'Empire Britannique pour devenir le Ghana. Il devient le premier pays décolonisé d'Afrique Subsaharienne. Son premier président, Kwame Nkrumah, lance alors une politique culturelle ambitieuse pour tenter de construire une identité nationale dans un pays où vivent pas moins de cinquante ethnies différentes.
Avec l'exposition Ghana! Rêver l'Indépendance (1957-1976), l'historienne de l'art Damarice Amao revient sur ce moment d'effervescence culturelle où la photographie joue un rôle décisif. Albums photos d'État, cartes postales, billets de banque, magazines, photographies privées et œuvre contemporaines se succèdent au Palais de l'Archevêché d'Arles et dressent le panorama visuel d'un pays en pleine mutation économique, administrative et culturelle.
L'exposition s'intéresse à ce moment particulier au cours duquel émerge une scène artistique ghanéenne avec son propre langage, où l'art du photographe local James Barnor croise celui de l'américain Paul Strand. En exposant également des artistes contemporains, Damarice Amao montre que les codes définis à ce moment-là font encore la spécificité de la photographie ghanéenne.
